Smartphone pour ma fille qui rentre en 6ème ?
« Même pas en rêve ! », me dis-je, pleine de confiance… et finalement, je me rends compte que la décision n’est pas si simple.
« Don’t get me wrong », comme dirait l’autre, ma réponse penche clairement vers le négatif pour le moment. Dans ma tête, c’est assez clair : une fille de 10 ans qui fait sa rentrée dans un bon collège, pas loin de la maison, qui a grandi sans TV, sans tablette, que je vais déposer et récupérer la plupart du temps, n’a pas « besoin » d’un smartphone. D’un dumbphone tout au mieux (aka téléphone de dealer -_-).
Mais franchement, un « Nokia 3310 », au design brutaliste (c’est un parpaing, le truc), pour envoyer des messages en T9 et avoir pour seul loisir le jeu du serpent, c’est pire que rien à avoir, n’est-ce pas ? Elle va tellement se faire chambrer avec ça, la pauvre, que j’ose à peine imaginer. Faudrait que Lisa soit photographiée avec pour que ça devienne hype et, à mon avis, ça n’arrivera pas.
On ne va pas refaire la liste de toutes mes objections aux écrans (Michel Desmurget le fait très bien) et encore piiiiire : les smartphones, fenêtre grande ouverte vers la sheytannerie 2.0 (et au-delà). ON SAIT. Je sais, tu sais, même les gens qui fabriquent ces trucs le savent probablement : ce qu’apportent les écrans (surtout tablette et smartphone) n’a rien de bon pour nos petites têtes brunes, dont le cerveau est aussi malléable qu’un Squishy.
On l’aura compris, le problème, ce n’est pas ce que je pense du smartphone. C’est comment faire assimiler à ma fille que ce n’est vraiment pas l’idée du siècle qu’elle en ait un dès l’âge de 10/11 ans.
Le truc c’est qu’elle rentre au collège, c’est là que ça se corse.
La pression sociale au collège, c’est du lourd.
Le collège, cette épreuve du feu. Là où tout se complique et où beaucoup de choses se construisent. La primaire, c’était le mode tuto en fait. Là on rentre dans le vrai game, le mode « hardcore » du jeu où le boss final, c’est un ado sous hormones qui va me faire une crise diplomatique parce que je vais lui demander de mettre un manteau car il fait 4 degrés.
Trêve de verbiage, revenons à nos moutons. Le smartphone.
Le plus gros argument sera certainement « mais toutes mes copines en ont un ! ». Et oui, il est lourd cet argument, parce que tu le sais, un.e ado se construit également en fonction de son entourage et en faisant comme les ami.e.s. Clairement, le sempiternel « et si tes amis se jettent d’un pont tu le fais aussi ?? » de nos parents ne fonctionne plus (‘fin moi mes parents m’ont jamais dit ça hein, une grosse gifle de maçon et c’était réglé ahah).
On sait que le problème du smartphone, ce n’est pas l’objet en lui-même, c’est tout ce qui va avec : c’est évidemment pas l’appli météo qui fait flipper, mais bien les réseaux sociaux et tout ce qui s’ensuit (scrolling en continu, contenu abrutissant, harcèlement, et tellement de trucs dangereux…). Donner à un pré-ado un smartphone avec cette fenêtre sans filtre sur le monde est absolument effrayant pour moi.
Alors évidemment, il y a le contrôle parental, Family Link, etc, mais ça, je considère que c’est envisageable plus tard, lorsque le cerveau sera moins spongieux. Mettre aujourd’hui un smartphone dans les mains de ma fille hyper naïve, qui a grandi sans écran, qui n’a pas de TV ou de tablette, c’est comme lui mettre une bombe à retardement entre les mains, et je préfère vraiment qu’elle gagne en maturité. Je sais que je vais abuser, mais aucun parent sensé ne donnerait une puff à son enfant parce que les copains en ont (en même temps, si en 6ème, les copains de tes enfants ont des puff, c’est chaud hein).
Que je parle en fait, mais concrètement, je fais quoi ??? Pas de smartphone, ok, mais je vais quand même pas lui filer un StarTac non plus (alors qu’elle aurait un flow de zinzin en vrai avec un StarTac). Au moins elle pourrait me contacter avec un dumbphone, mais lui coller l’étiquette « téléphone de dealer », thanks but no thanks.
Et puis il y a le problème des copines. Parce que si toute sa classe communique sur WhatsApp et qu’elle n’y est pas, est-ce que je suis vraiment en train de la protéger ou est-ce que je suis en train de lui compliquer la vie ? L’option dumbphone est enterrée, pour l’instant.
Deuxième option : le smartphone sous haute surveillance. Smartphone sans rien dedans. Rassurant tu me diras. Mais je dois surveiller, ces ptites canailles sauraient déjouer les blocages et restrictions. Et rien que de penser au contrôle parental, franchement, j’ai mal à la tête, plus je vieillis, moins j’ai de temps de cerveau disponible pour ce genre de trucs. J’ai pas envie de devenir la DSI de mes kids ! En plus, faut pas se leurrer, même un contrôle parental au max ne va pas gérer le problème de la maturité face aux sheytanneries des RS.
Azy je suis saoulée en fait. La vraie solution serait en réalité qu’avec tous les parents, on se mette d’accord pour pas acheter de smartphone à nos enfants. Problem solved ?
Mais en vrai, c’est pas faisable ça. Déjà, parce qu’on n’a pas tous le même avis sur la question, ce serait izi pizi sinon. Et aussi parce que tous les parents n’ont pas la chance de déposer et de récupérer leurs enfants à la sortie du collège, je peux concevoir que d’avoir des news de leurs enfants, c’est rassurant (nous les millenials, on est trop des sentimentaux fragiles en vrai).
Est-ce que tout ce laïus m’a poussée vers une décision finale ? Même pas. Mais comme dirait Brandy, never say never.
Je n’ai pas dit à la demoiselle « jamais de smartphone ». J’ai juste dit « pas maintenant, ça rend complètement con». Nan je rigole. Enfin j’ai dit ça mais avec de jolis mots. Et elle m’a crue (et je lui ai montré des documentaires qui étayaient mes propos aussi).
Et le problème du « oui mais ta fille va être dépassée par les nouvelles technologies sans smartphone et sans tablette. » Mais MDR : ces objets ont été conçus pour que des bonobos sachent les utiliser. C’est pas avec un iPhone qu’elle va apprendre à taper sur un clavier, des logiciels utiles ou à coder, faire du Python ou JavaScript. Parce que je ne suis pas totalement anti-écran, les enfants ont un ordi (dans le salon, je suis pas folle non plus). Ils peuvent même jouer à la Switch de temps en temps (ils attendent avec impatience GTA VI sur PS5… lol). Bref, côté techno, on est bon je pense.
Long story short, évidemment elle aura un smartphone un jour. Je ne vais pas l’envoyer au lycée avec un tatoo (l’idée est néanmoins tentante o_O).
Finalement, le smartphone (connecté), c’est une arme pour nos enfants. Et justement, j’attends juste qu’elle soit bien câblée pour en avoir un. C’est ça mon avis. En 6ème, no f***ing way. Plus tard, si Dieu veut.
Comments (2)
Umm eiyz
7 septembre 2026 at 19h18
Mon fils a 12 ans et nous sommes séparés avec son papa, les relations étaient conflictuelles alors j’ai cédé a mon plus grand regret d’acheter un smartphone mais pour ma tranquillité personnelle ne plus avoir à parler avec le pater c’était le mieux à faire. Maintenant il va au collège, je le géolocalise et j’ai bloqué les appli je sélectionne ce qu’il fait et interdiction des groupes classes + discussion avec le sexe opposé en messages. Je ne le trouve pas si accro que cela et je trouve son utilisation très raisonnable… Bien évidemment j’aurais préféré ne pas en arriver là mais vaziiiiiiii les hommes et leur pseudocontrôle même quand t’es plus avec j’en ai eu assez 😂😂😂
Sam
7 septembre 2026 at 21h53
Non mais attends, y a quand même des raisons assez « valables » là je dirais 😂 après, vu que t’as pas le choix, faut être hyper vigilante… on a eu la réunion de rentrée du collège ce soir, et clairement, ils sont contre les smartphones, ils disent qu’il n’y a que des problèmes